Actions Artistiques

Culture chorégraphique et engagement citoyen

L’action artistique participe, comme la création, à la vitalité et à l’ancrage de la Compagnie 47• 49 dans la vie de la cité et dans tous ses projets territoriaux. La création chorégraphique et l’action artistique sont envisagées comme deux « alter-ego » indissociables. C’est par allers-retours incessants entre ces deux enjeux qui se nourrissent mutuellement que se développent le sens et l’engagement du travail de la compagnie.

 

«La Nation garantit l’égal accès de l’enfant et de l’adulte à l’instruction, à la formation professionnelle et à la culture.»

                               Article 13 du Préambule de la Constitution Française de 1946

La question de l’accès à l’art et à la culture pour tous est primordiale. L’article 13 figurant dans le Préambule de la Constitution la porte. Cette question n’a eu de cesse de m’inviter à clarifier ma responsabilité en tant que chorégraphe et directeur artistique, tant sur le sur plan individuel que collectif. Dès la création de la Compagnie 47• 49, cette prise de conscience féconde m’a demandé de structurer une démarche profonde liant création et action artistique. Création, qui demande de l’intimité et de l’introspection. L’action artistique, qui demande de s’ouvrir, de sortir des studios de répétitions et des théâtres pour, aller vers et à la rencontre de chacun.

Dans tous mes projets, c’est la question de la dignité et la capacité de l’homme à être sujet de lui-même qui est essentiel. Transposer ces aspirations viscérales dans tout enjeu chorégraphique. L’articulation entre ‘’la pensée – le dire – le faire’’ constitue la pierre angulaire de tous mes processus de création et d’action artistique mis en œuvres. Avec le médium qu’est la danse, l’engagement du corps est total, radical et sans demi-mesure. Le corps ne triche pas.

Dans ce document, pour que le lecteur soit au plus proche de l’expérience partagée, je développe mon propos dans les cadres concrets où a lieu l’action artistique. Je ne souhaite pas entrer dans le débat de la classification ou la stigmatisation des publics. En toute circonstance, chaque projet est singulier et s’inscrit dans un contexte particulier. Je rentre en relation avec des êtres humains, chacun avec sa culture, son histoire, ses maux et ce qui le fait pétiller.

Faire trace

La plupart des projets d’action artistique conduits par la compagnie 47• 49 sont d’emblées conçus avec la nécessité de faire trace, de sédimenter pas à pas une expérience unique qui se déploie lors de son processus. Nombre d’étapes sont filmées et peuvent conduire à la réalisation d’un film.

Les responsables des structures porteuses des projets sont invitées eux aussi à contribuer, à prendre des notes, avec l’attention d’un regard sensible, exigeant et bienveillant, en assumant leur part subjective dénuée de tout jugement. Ces traces écrites sont le produit de « nos regardants poétiques ».

Faire trace est essentiel pour que ces expériences puissent vivre au delà du présent de l’action. C’est pour les participants une opportunité de disposer d’un autre point de vue sur ce qu’ils ont vécu de l’intérieur. C’est aussi une opportunité pour que d’autres (institutions, chercheurs, étudiants …) puissent en prendre connaissance avec différentes approches subjectives, puissent éventuellement s’emparer du projet, l’amener vers d’autres perspectives et ainsi contribuer à faire société.

 

RESIDENCES TERRITORIALES « LONGUE DUREE »

Résidences menées par la compagnie depuis 1998:

• 1998/2000 CIAGE Grésivaudan (38)

• 2001/2003 Château Rouge Annemasse (74)

• 2003/2005 Centre Médical Rocheplane (38)

• 2005/2006 Théâtre de Vénissieux (69)

• 2005/2010 Grand-Angle de Voiron (38)

• 2008/2012 Travail et Culture, Péage de Roussillon (38)

• 2013/2016 Espace Paul Jargot, Crolles (38)

• 2016/2017 Théâtre du Parc, Andrézieux Bouthéon (42)

• 2019/2022 Théâtre(s) de Grenoble (38)

• 2020/2021 Dôme Théâtre, Albertville (73)

• 2022/2025 Château Rouge, SCIN d’Annemasse (74) 

• 2026/2027 Scène nationale de Bourg en Bresse (01)

• 2026/2028 au Théâtre de Cusset, SCIN “Art et Création” pour les Arts du Cirque et Danse (03)

• 2026/2028 au Théâtre de Privas, SCIN “Art en Territoire” (07)

Danse en amateurs

La dignité de l’Homme, tout comme la reconnaissance de ses limites et de son potentiel infini de créativité n’ont de cesse d’irriguer toute l’activité et la vitalité de la compagnie.

Une démarche artistique – une écriture chorégraphique
Explorer et expérimenter les enjeux gravitaires entre équilibre et déséquilibre.
Déployer pleinement chaque acte chorégraphique dans l’intensité du présent de l’action. Associé à l’esprit, le corps dansant n’a de cesse d’être interrogé comme un médium cohérent et en volumes qui, une action après l’autre, un défi physique à relever après l’autre, génère une succession progressive de transformations, révélant l’être comme Sujet.

Déroulement

Chaque proposition de master class, atelier chorégraphique et de transmission du répertoire est adaptés au public concerné (amateurs débutants ou confirmés, danseurs professionnels).

Elle est structurée de la même manière et se construise en 4 temps :

Un échauffement collectif avec des éléments du vocabulaires issus des fondamentaux pour approcher et intégrer la nature des enjeux chorégraphiques qui caractérisent l’écriture. Exploration du temps étiré, de l’espace autour et de la construction des volumes.

Un apprentissage d’une phrase du répertoire individuel ou en duo avec un travail de portée. Une expérimentation des fondamentaux et construction d’une courte partition personnelle

individuel ou à deux.
Un temps de partage en groupes des situations abordées et développées pendant la séance.

un exemple

Dans(e) ton Quartier – création chorégraphique avec dix femmes (entre 27 et 81 ans) membres de l’association AncrAge du quartier du Perrier à Annemasse

Action réalisée dans le cadre du dispositif ANCT – Cités Éducatives et de la Résidence de la Compagnie 47• 49, associée à Château Rouge SCIN d’Annemasse entre 2023-2025.
Présentation à l’auditorium du Perrier pour la célébration des 20 ans de l’association le samedi 11 octobre 2025

Traces

Mercredi Matin
Création vidéo réalisée en octobre 2025 par Philippe Veyrunes, Plasticien, lors des captations des ateliers de création chorégraphique avec les femmes de l’association AncrAge dans le quartier du Perrier à Annemasse.
Lien vidéo : https://vimeo.com/1121188247

ECOLE

Rendre l’enseignant « passeur » et le plus créatif possible auprès et avec les élèves dans une dynamique de porteurs de projets chorégraphiques.

La formation de formateurs

La formation de formateur constitue l’axe principal entre les artistes et le corps enseignant. Elle est dispensée en dehors du temps de présence avec les élèves. Ce sont des journées de transmissions adaptées et exigeantes dont les contours sont définis par la ligne artistique de la compagnie. L’enseignant pratique et expérimente par lui-même des situations chorégraphiques. Il développe alors une approche personnelle qu’il pourra réinvestir auprès des élèves. Il devient à sa façon passeur de l’objet artistique, la personne clé entre l’équipe artistique, le projet en construction et l’élève.

C’est une étape essentielle pour que chacun trouve sa place au coeur de la conduite des projets, puisse trouver un peu d’autonomie et d’aisance auprès des jeunes. C’est aussi, créer des conditions privilégiées et d’échanges, en dehors de la présence des élèves.

Chaque journée de formation se mène en trois temps.

Un échauffement collectif, construit avec des éléments de vocabulaire pour approcher et comprendre la nature des enjeux physiques permet à l’enseignant d’expérimenter et de s’immiscer dans « l’en-commun » chorégraphique propre à la compagnie.

Dans des situations chorégraphiques cadrées par l’artiste intervenant, l’enseignant est amené ensuite à développer sa capacité à explorer et mettre en jeu la matière physique abordée, l’investir davantage, s’y confronter, aller plus loin, pour aborder les thématiques développées dans les créations de la compagnie. Ce sont autant d’opportunités pour s’approprier le sujet et ainsi devenir passeurs auprès des élèves.

Des présentations viennent conclure chaque journée de formation. Elles permettent alors d’aiguiser le regard critique entre ce qui aura été vécu de l’intérieur et ce qui se donne à voir.

Conduite des projets

Les enseignants dans leur classe sont moteurs de leurs projets. Les artistes de la compagnie 47•49 les accompagnent et les soutiennent tout au long du processus de création lors des ateliers proposés dans les classes.

Depuis 1998, la compagnie est engagée avec ‘’la danse à l’école’’ auprès des structures culturelles où elle est en résidence. Les modalités sont très ouvertes, allant d’un cycle d’ateliers de création à une situation d’immersion de la compagnie dans un établissement scolaire pouvant être complété par des ateliers d’analyses de l’image, visites d’expositions, répétitions publiques, spectacles …

Un exemple

La résidence au collège ICARE – Goncelin (38) – 2016/2017

Formation – ateliers auprès de huit enseignants du collège, visite de l’exposition de Guy Delahaye – Eros et la Danse, ateliers analyse de l’image à partir de vidéo de spectacles et de répétitions de la compagnie 47• 49, ateliers de création chorégraphique, présentation publique des élèves lors de la journée Portes ouvertes du collège, répétitions publiques au collège et à l’Espace Paul Jargot de Crolles en lien avec la MC2 Grenoble, venus aux spectacles de Chair Antigone et Sisyphe Heureux.

Traces

Film documentaire réalisé par le Conseil Départemental de l’Isère (38) – Artistes en Résidence au collège Icare – Goncelin https://youtu.be/JuXQAyIl00s

Un exemple

Compagnie associée à Château Rouge SCIN d’Annemasse (74) – résidence de 2023 à 2025
Danse à l’école
11 classes primaires des zones d’éducation prioritaire de la Ville d’Annemasse, 270 enfants ont rencontré 6 artistes chorégraphiques, lors de 256h d’ateliers chorégraphiques et lors de 33h de formations auprès de 12 enseignants. 6 présentations professionnelles de formes courtes dans leurs écoles respectives. Les classes ont présenté en juin le fruit de leur travail de création sur le grand plateau à Château Rouge devant plus de 400 spectateurs chaque année.

Traces

Sous formes de vidéos archivées par Château Rouge SCIN d’Annemasse. 

INSTITUTS MEDICO-EDUCATIFS

À la rencontre du Sujet. Cesser de vouloir. Être présent et accueillir ce qui se vit.
« À la recherche, à la rencontre du Sujet où comment garder le fil de cette recherche partagée où il n’est question que de Sujets en relation l’un avec l’autre et avec eux-mêmes. Mettre en oeuvre toutes les conditions pour que se produise cet instant magique de la rencontre. C’est de corps dont il question, de corps en mouvement, de corps agi, porté par la danse et le projet chorégraphique. A chaque instant le chorégraphe s’attache à provoquer, chercher, permettre, ouvrir un possible à la mise en mouvement de l’adolescent, lui permettant alors de devenir auteur de sa propre danse. Il ne s’agit pas de faire danser, ni de répéter, ni de manipuler, ni d’apprendre un mouvement, mais « juste » de laisser advenir le mouvement, celui qui est là, crée par chacun des protagonistes dans le cadre de cet atelier.L’adolescent autiste a ses peurs, ses exigences, ses impossibles, ses refus et ses acceptations. Sa perception du monde qui l’entoure est différente de la nôtre, en raison soit d’une hypersensibilité soit d’une hyposensibilité, dont les intensités sont variables suivant les jeunes. Le chorégraphe, tente de garder le fil de son propos artistique à l’épreuve de cette rencontre improbable.Quel challenge en effet que de rencontrer dans cette dimension artistique, la danse des adolescents pour lesquels il n’y a pas d’explication à donner. Ils n’ont pas de langage, et sont très handicapés dès qu’il s’agit de communication.Tous les mouvements ne sont pas danse, mais la danse est faite de cette rencontre singulière entre deux sujets, deux vivants étrangers l’un à l’autre et qui sont prêts à risquer l’inconfort de la confrontation à cette différence pour tenter de trouver un certain confort dans la rencontre.» Muriel Savigny – Médecin psychiatre

Un exemple

Le Hameau – IME de Crolles – 2014 à 2016

Ce projet est à la rencontre de trois champs d’intervention très différents – le champ du médicosocial :

un IME accueillant des adolescents autistes déficitaires.

Médecin psychiatre : Muriel Savigny / Psychomotriciennes : Carine Palec et Marion Thomet

Le champ artistique et sensible d’un chorégraphe : François Veyrunes 

Le champ artistique d’un plasticien travaillant sur une dimension plastique singulière de l’espace : Philippe Veyrunes

De la même manière qu’en thérapie où le thérapeute ‘’suit’ le patient jusqu’à la fin du processus de transformation après avoir mis en place un cadre thérapeutique, le plasticien construit une installation lumineuse, un cadre, dans lequel le chorégraphe va s’engager, proposer, suivre les mouvements de l’adolescent jusqu’à ce que se produise cette étincelle, ce moment où le niveau de conscience est à son maximum ainsi que le niveau de lâcher prise, ce moment où le temps de la rencontre, si difficile pour les autistes, devient possible.

Traces

9 heures moins 7 – Film poétique

Installation plastique, prises de vues et réalisation vidéo Philippe Veyrunes

https://vimeo.com/167293292 – Mot de passe : communiqué sur demande auprès de la compagnie

HÔPITAUX, CENTRES DE SOINS ET MAISONS DE RETRAITE

Tant que la vie est là, la question de la dignité de l’Homme est toujours d’actualité. Au pied du lit, quand la danse s’immisce au crépuscule de la vie.

« C’est aussi en allant danser ou en faisant danser des personnes aux crépuscules de leur vie que cela a contribué à clarifier et à affirmer la démarche artistique et philosophique de la compagnie. Cet exposé qui va suivre pose en creux des questions majeures de nature anthropologique et philosophique. Ces interventions chorégraphiques sont une manière sensible, poétique et assumée de rencontrer l’autre dans son altérité, dans sa fragilité, dans sa souffrance, sa solitude et aussi dans sa puissance de vie irrépressible. Cette démarche auprès de personnes au crépuscule de leur vie, renforce cette conviction, que tant que la vie est là, l’être peut se métamorphoser. Si la question de la grâce est une question délicate à aborder, une chose est claire pour moi, c’est que lorsque celle-ci s’immisce dans la chambre par l’entremise de la danse, la métamorphose a lieu. Le résident est alors traversé par celle-ci.

C’est probablement par empathie. Je le vis comme acteur et témoin de ce moment partagé, à la fois intimiste et universel. Dans quelques rares exceptions, certains résidents qui avaient souhaité notre présence, sont décédés pendant que nous dansions, cela n’a jamais eu lieu de façon dramatique ou pathétique. Elles sont parties en paix. » François Veyrunes

L’institution hospitalière ou médico-sociale

Pour que ce type de projet soit pleinement ancré dans la densité de son sens profond, il est crucial que la proposition artistique s’inscrive comme une véritable composante du projet d’établissement qui les reçoit. Un projet artistique au sein d’une institution qui n’a pas pour vocation première de recevoir des danseurs, ne peut pas être envisagé simplement comme un supplément d’âme ou un simple divertissement.

Ce projet s’adresse à l’ensemble de l’établissement et pas seulement aux résidents ou aux personnes malades. Il s’agit de valoriser et de prendre appui sur le lien très fort qui de facto, relie le personnel et les résidents. Cette perspective va déplacer la relation d’ascendance médicale du soignant au soigné, en les mettant tous deux au même endroit, complice d’un partage sensible et poétique des œuvres chorégraphiques proposées.

Véritable co-construction, cette démarche artistique s’inscrit comme   une expérience qui invite l’institution à modifier son organisation le temps de la présence des artistes. « Chacun, résident comme professionnel, se trouve bousculé “en douceur ” dans la chronicité du quotidien. Cette modification du quotidien, en créant un environnement facilitateur, offre aux résidents et professionnels, la possibilité d’être de véritable ‘’acteurs’’ de la rencontre. Il s’agit ainsi de ‘’trouver-créer’’ une aire de jeu ou, de rêverie propice au partage d’affect et à la création d’un lien ; une ‘’aire de rêverie’’ pouvant se déployer tant sur des ‘’temps collectifs’’ qu’‘’individuels’’, à l’exemple des interventions chorégraphiques en chambre. » 

Isabelle Zanolla – Directrice de l’EHPAD Les Volubilis à Décines.

 

Trois types de propositions chorégraphiques

Le format n’est jamais identique d’un projet à l’autre. Il dépend de l’envie des différents partenaires. Dans les établissements, nous venons au minimum avec deux danseurs, ou beaucoup plus selon les projets et peuvent s’adjoindre de la présence d’un musicien et d’un plasticien. Les propositions au sein de l’établissement se si- tuent dans trois types de lieux. Toutes reposent sur des structures chorégraphiques improvisées.

Dans la chambre des résidents

Pour les résidents qui acceptent, nous proposons un moment chorégraphique d’un format court. Ces propositions vont prendre différentes modalités en fonction de la taille de la chambre, sa topologie, l’état physique ou psychologique des résidents abordés. Le résident peut refuser la proposition, contrairement à la prise d’un médicament, d’un soin ou d’une toilette. Cela participe à respecter son libre- arbitre. Des amis ou membres de la famille peuvent être également présents pour partager ce moment singulier avec les danseurs. Il est nécessaire qu’un membre du personnel puisse être là dans le lien et la complicité avec le résident.

Dans les unités fermées pour personnes Alzheimer

Les unités fermées regroupent en général quatorze résidents. Les enjeux chorégraphiques s’égrainent pendant une quarantaine de minutes au total, en solo ou en duo. Les artistes peuvent également inviter des résidents à se joindre à eux le temps d’un moment de danse partagé.

Le contexte des unités fermées est très délicat. Tout d’abord psychiquement : les résidents peuvent se trouver dans des états très contrastés, allant d’un état très apathique à très colérique ou véhément. C’est alors perturbant pour les artistes et cela peut déstabiliser l’ensemble des résidents. L’implication tout en finesse du personnel est très importante pour rassurer, contenir, ou au contraire stimuler. Le second point de vigilence, est relatif à la disposition spatiale des résidents dans la salle. Il est essentiel pour créer une dynamique de réception optimum, de disposer les résidents dans différents endroits de la salle, sous formes « d’ilots » : sur des chaises, des canapés ou des fauteuils, dans leur chaises roulantes, au bord d’une table, contre le mur, … jamais regroupées au même endroit et formant un cercle par exemple. Cela mettrait ces résidents en regards réciproques de leur pathologie, dans un état passif, attendant une forme spectaculaire.

Dans l’espace public de la structure

Danser dans le hall de l’établissement, est une opportunité qui laisse le choix aux résidents, visiteurs, personnel de rejoindre les artistes ou pas. C’est une configuration plus classique, dans le sens où les 60 à 70 résidents présents sont davantage disposées en situation de spectateurs. Elles forment un large cercle au centre duquel nous dansons. Les enjeux chorégraphiques sont multi frontaux pour une quarantaine de minutes.

En 1992, lorsque la compagnie a démarré la « Danse à l’hôpital » le cadre institutionnel était vierge. Il n’y avait pas ou très peu de réflexions en la matière et encore moins d’actions auprès de ces publics dit « empê- chés ». Depuis les choses se sont structurées. La compagnie a contribué fin des années 1990, auprès du Conseil Général de l’Isère, à la rédaction d’une charte cadre « Culture et santé – Culture et lien social ».

Un exemple

EHPAD les Volubilis à Décines entre 2014 et 2017. dans le cadre du partenariat avec le Toboggan SC Décines. 

Traces

La part du Vivant, Jérémy Aubert – 2016

Debouts sur la terre, Martine Arnaud Goddet – 2012 https://vimeo.com/42119208

Un exemple

CHU de Grenoble – Hôpital Sud, de septembre à décembre 2024, dans le cadre d’un partenariat avec La Rampe, La Ponatière SCIN Échirolles

Traces

Restitution publique des ateliers avec les résidents du pôle EHPAD (CGS) du PASA (centre de gérontologie) – 13 décembre 2024 https://vimeo.com/1039657841?share=copy#t=0

Éclat chorégraphique : Outrenoir duo

Centres d’accueils

S’engager dans un processus de création, retrouver des sensations, en découvrir, ne pas capituler.

« Faire entrer les protagonistes dans mon imaginaire artistique à partir de va et vient permanents entre « l’énoncé et l’expérimentation ».

Faire le lien dans les deux sens, entre la pensée et le comment cela se décline en propositions chorégraphiques. Mobiliser l’intelligence sensible et physique du corps en adéquation avec l’enjeu artistique.

Fabriquer ensemble, une langue, un langage chorégraphique pour constituer un en-commun d’engagement physique, sensible et poé- tique, élaboré à partir de la singularité de chacun, dans les préro- gatives de mes enjeux artistiques.

Chaque situation chorégraphique convoque les protagonistes dans une forte exigence en les poussant de manière bienveillante dans leur retranchement, proche de leurs limites, sans complaisance.

La mise au défi de chacun est permanente. Ce défit est autant physique (jeux gravitaire, déformation des corps en dehors de l’axe) que mental (forte concentration, niveau de conscience augmenté). Il est lié à soi-même dans un rapport d’être et non de paraître. Avec le minimum de jugement envers soi-même et les autres.

C’est trouver avec eux, les conditions favorables pour faire émerger des solutions créatives et ne pas subir. Faire de nos limites un terrain de jeu émancipateur et non castrateur ou destructeur. Faire avec et par le corps et non contre lui.

Comme avec des danseurs professionnels, il s’agit d’essayer de s’extraire de nos croyances limitantes, en donnant la place à l’intelligence du corps, se faire confiance et accepter ce qui est. Accepter sans se résigner et sans « lâcher l’affaire ». Trouver du plaisir, de l’intérêt, du sens, même lorsque la contrainte physique, la douleur, la fatigue ou l’inconfort s’immisce forcément.

Accepter ce que recouvre l’enjeu artistique sans transiger à l’endroit où chacun se situe (son histoire, sa culture, sa physicalité, ses vicissitudes, sa propre représentation de l’art et de la culture).

Accepter de ne pas se juger pour contrevenir au sentiment – par moment légitime – de tourner en rond, de ne pas avancer, de ne pas progresser. Goûter le fait de reprendre espoir, d’intégrer une motricité qui participe à ce langage en gestation, une nature de comportement, qui demande à se dépasser, de trouver le courage au présent de l’action dansée.

Il est fondamental qu’un aboutissement ait lieu, partagé au public de surcroît. Je cherche dans ce contexte à trouver une voie médiane pour ne pas être dans une dimension totalement spectaculaire, de « gala » de fin d’année. Rester dans la justesse et la cohérence du projet, être toujours dans la dynamique du processus d’élaboration, dans une perspective de fenêtre de partage, avec un public convié.

Dans le projet que la compagnie a mené à Pontcharra, nous avons présenté le travail à l’Espace Aragon de Villard Bonnot. J’ai maintenue le jour de la présentation la structure des séances conduites jusque là. Nous avons commencé 45 minutes avant que les premiers spectateurs entrent en salle. Comme à chaque fois, lors des ateliers, je conclus par une mise en œuvre d’une structure improvisée où je donne également des consignes en directes. J’ai fais de-même en me retirant peu à peu du plateau pour le laisser totalement aux interprètes. »

François Veyrunes

Un exemple

Être là – création avec un public en situation de précarité sociale 2015 et 2016
Création à l’Espace Aragon – Villarbonnot (38) – 21 janvier 2016 Résidence Espace Paul Jargot, Crolles

Partenaires porteurs du projet
Association pour le développement de l’emploi et la formation – ADEF – Pontcharra ; ALI – CCAS – Pontcharra
Centre Hospitalier Alpes Isère – Centre Médico-Psychologique / Centre d’Activités thérapeutiques à temps partiel de Pontcharra – Centre Médico-Psychologique (I.C.M.P.) – Pontcharra ;
La Fondation INpact initiative pour le partage culturel – Paris

Prises de vues et réalisation vidéo : Philippe Veyrunes https://vimeo.com/191783724 – Mot de passe : Pontcharra

ADCDanse Grenoblet 2016 • crédit photo Karine Trabucco

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